

L’orientation du Chapitre général 2012 a proposé aux Filles de la Sagesse une nouvelle façon de voir la Sagesse libératrice, à l’œuvre au cœur du monde. C’est bien cette Sagesse qui nous attendait aux confins de la province de l’ouest, en PNG, à Nomad, précisément. Et elle nous y a accueillies de grand cœur ! « Nous sommes très heureux, merci d’être venues.» Ceci fut exprimé par plusieurs personnes depuis que nous sommes ici. Les gens de Nomad étaient isolés et négligés par les services gouvernementaux. Ils avaient un accès très limité aux biens essentiels et à l’éducation. C’est bien ici que la Sagesse nous attendait pour un face à face ! Oui, nous sommes au milieu d’une population de mal-aimés dont les droits ont été ignorés pendant de nombreuses années.
Problème de santé, problème de familles
La population d’ici a peu de connaissance concernant l’importance de la santé. Les personnes ignorent comment prendre soin d’elles-mêmes. La confiance dans la médecine moderne est difficile ; on s’en remet plutôt aux croyances et aux coutumes traditionnelles. À cause de soins de santé non réguliers, les personnes ont développé une résistance aux médicaments. Les naissances se présentant aux deux ans, la plupart des familles sont nombreuses. Le poids maximum du nouveau-né est de 2.5 kilos. La plupart des mamans ont des enfants de moins de 2 kilos. Plusieurs adolescentes, normalement en classe, donnent naissance à des enfants dont le père est âgé. Il s’agit de mariages pré-arrangés. J’ai même visité une famille où l’homme était trop âgé pour prendre en charge sa jeune famille et même pour porter le dernier né. «Les mariages par échange» (exchange marriages) sont une coutume traditionnelle ici. Album photos
Organisation du Centre de Santé, attention spéciale aux femmes et aux enfants
Je travaille au Centre de Santé du gouvernement. Il n’y avait qu’un infirmier lorsque je suis arrivée ici. Il faisait ce qu’il pouvait mais la tâche était trop lourde. Au début je ne savais pas où commencer. Je n’en croyais pas mes yeux, tout était en désordre. Depuis 2005, il n’y avait pas eu de vaccinations ni de naissances à l’hôpital. Parce que les soins étaient assurés par un infirmier, les femmes étaient réticentes à se présenter pour un accouchement. Aucun rapport n’était fait aux autorités.
Comme je n’ai pas encore de poste attitré, je m’engage comme bénévole auprès des mères et des enfants. J’ai mis sur pied une clinique prénatale et une autre, pour enfants. Je peux ainsi conseiller et faire les tests requis pour le VIH/SIDA. Cela me permet aussi d’aider pour le contrôle des naissances. Maintenant plusieurs mamans viennent à l’hôpital pour accoucher et pour la vaccination de leur bébé. Il n’y a ni électricité ni eau courante dans le centre. Je dois utiliser ma torche pour faire les accouchements durant la nuit. Parfois je trouve éprouvant de voir que ces mamans n’ont rien pour changer de vêtements après l’accouchement et rien non plus pour envelopper leur bébé. C’est un moment où je me souviens particulièrement des mots de Marie-Louise, notre Fondatrice : »Si j’étais étoffe, je me donnerais aux pauvres.» Les Filles de la Sagesse de la Communauté Trichet à Matkomnai, nous aident beaucoup. Ensemble nous avons organisé l’espace nécessaire pour une clinique prénatale et une salle d’urgence dans l’hôpital.
En dépit de ces pauvres services gouvernementaux, les gens demeurent très accueillants avec leur sourire rempli de joie. Ils semblent heureux de ce qu’ils ont maintenant. Je suis moi-même comblée de joie d’être ici avec eux dans leur vie concrète. Et je suis reconnaissante que nous, les Filles de la Sagesse de la région de PNG, ayons pris le risque d’ouvrir largement l’espace de notre Tente ! C’est ainsi que nous avons rencontré la Sagesse face à face !
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Beata Ayombe, Veronica Paison et Marie Turner,
Filles de la Sagesse
La province de l’Ouest de la Papouasie Nouvelle-Guinée est située sur la côte sud-ouest aux frontières de la section indonésienne de l’île. La famille montfortaine, composée des Filles de la Sagesse, des Missionnaires montfortains et des Frères de St-Gabriel y est présente depuis plus de cinquante ans. Quand pères, frères et sœurs sont arrivés, chemins et services étaient inexistants. Les défis étaient énormes. Dernièrement, les sœurs ont ouvert une nouvelle mission appelée Nomad, située loin dans la jungle. Services et commodités sont rares ou n’existent tout simplement pas. Nomad initie un nouveau champ d’apostolat pour les Filles de la Sagesse mélanésiennes. Les sœurs sont présentement à s’installer et commencent à travailler avec les gens à la clinique et à l’école. Tous les jours, elles font face à de nouveaux défis. Après un mois de présence en cet endroit reculé sans accès routiers, le compte-rendu de leurs activités illustre bien leur expérience quotidienne.
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Les soucis de santé et Sr Veronica
Saluts de Nomad! La vie ici est très intéressante. De prime abord, Nomad semble un endroit charmant avec ses 3 grandes rivières, ses légumes de jardin et ses gens très accueillants. Par contre, en ce qui concerne les services gouvernementaux, les gens ici sont négligés.
C’est tout un défi de voir comment le peuple survit. Par exemple, à l’hôpital, il n’y a pas de clinique prénatale, et les mères viennent accoucher pour avoir l’aide de deux femmes du village. Il n’existe pas non plus de clinique pour bébés, et aucun planning familial donc, la plupart des enfants ont moins de cinq ans et sont trop maigres. Il n’existe aucun espacement des naissances et les mères ont 6-9 enfants à intervalles rapprochés. Dès le deuxième jour à Nomad, j’ai aidé une mère à donner naissance à un bébé en présentation de siège. Quand je suis arrivée à l’hôpital, la maman accouchait d’un bébé sur le plancher. N’ayant pas senti le pouls du cordon ombilical, je savais que le bébé était mort. Je n’avais jamais porté assistance à une naissance par siège mais je savais la procédure pour aider la mère.
Je travaille à l’hôpital trois jours semaine : mardi, clinique prénatale et VCCT (Assistance psychosociale et évaluation). Quinze mères sont venues. Mercredi, MCH (Santé Mère-enfant), clinique pour nourrissons et jeudi jour de planning familial et VCCT. Avec Sr Marie, j’ai ouvert un coin de la salle d’entrepôt pour le centre d’assistance (VCCT), la clinique prénatale et le planning familial. Tulo, le seul infirmier masculin, est très bon et m’a beaucoup aidée à installer les services.
Ce matin, j’ai rencontré les femmes catholiques pour connaître leurs besoins. Dix-neuf sont venues et nous avons eu une discussion en vue de préparer la venue de Sr Séraphine.* Les samedis matins, je leur enseignerai Tok Pisin, une des trois langues officielles du pays.
*Sr Séraphine fdls du Madagascar étudie présentement l’anglais aux Philippines et joindra le groupe de Nomad sous peu.
Video-Clip : C'est fête en Papouasie
AU-DELÀ DES FRONTIÈRES NOMAD, PNG... suite
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L'ÉCOLE ET SR. BEATA
Beata Ayombe, Veronica Paison et Marie Turner, Filles de la Sagesse
L’école est belle avec ses six classes de trois bâtiments situés dans un champ entouré d’arbres et de fleurs. Le personnel comprend 5 membres. Puisqu’il manque un professeur, nous donnons les sujets spécialisés aux élèves de 8e tout en enseignant dans notre classe. Les locaux peuvent recevoir une population étudiante de 50-60 par classes, ce que nous avons présentement ! En 5e nous avons 44 élèves et nous en attendons d’autres. En 8e, j’enseigne la langue à 20 élèves.
Tout notre matériel scolaire est en place et en bonne condition. La difficulté sera de se faire des réserves, faute de transport. Le directeur, une personne du pays, est un chef habile et porte beaucoup d’intérêt aux enfants. Deux femmes et trois hommes constituent le personnel enseignant. La plupart des enfants ont un professeur féminin pour la première fois. La collaboration est très étroite même si l’école a la réputation d’un manque de discipline. Pour le moment, pas de problèmes. L’instruction religieuse sera donnée à l’école pour la première fois et nous organiserons des messes à chaque trimestre.
Ma classe a l’habitude de répéter chaque mot qui sort de ma bouche ! Par exemple : « répéter s’il-vous-plaît», « allez au bout de la ligne », « viens et recommence ». C’est très frustrant mais je le vis en leur manifestant de la compassion. Présentement, notre objectif est d’améliorer la lecture et d’aider à comprendre les directives. Bonne nouvelle : leur écriture s’améliore .
Logement et services
C’est un grand privilège d’être ici, une expérience inoubliable. Nous connaissons mieux les gens et c’est réciproque. Nous avons nettoyé la maison plusieurs fois, et maintenant, elle paraît bien mieux avec la statue de Marie, les rideaux, des clous ici et là pour accrocher nos choses. Notre système d’eau s’est beaucoup amélioré grâce au génie mathématique de Vero qui a organisé le tuyau de sortie du réservoir. Le tuyau entre dans la maison et emplit nos seaux d’eau potable fraîche – c’est génial !
Nous nous adaptons à une vie sans frigo; les restes de la veille sont mangés au petit déjeuner puisqu’ils ne dureront pas jusqu’à midi. Le père Gabriel a réussi à réparer son propre frigo donc, lorsque nous allons chez lui, une boisson fraîche nous attend. Parfois, une famille nous apporte des bananes ou des papayes.
Nous avons eu tellement de pluie dernièrement qu’il nous fut impossible de nous rendre à la rivière. Nuits et matins sont frais et chacune de nous utilise une couverture pour la nuit. Le père Gabriel a réparé les lumières afin que nous ayons le contrôle des interrupteurs.
Un de nos défis est la cuisinière à gaz qui boit le gaz comme si elle n’avait pas bu pour une semaine, puis elle s’arrête ! Elle dévore nos allumettes. Bien sûr, la température très humide est aussi à blâmer. Et après, les casseroles sont remplies de suie !
Communication et transport
Le terrain de l’école paraît habité maintenant que l’herbe est coupée. La charpente de notre nouvelle maison à la mission est montée, et les travailleurs progressent bien. Nous réfléchissons présentement à un moyen de transport pour l’allée et le retour du travail pour Beata et Vero, lorsque nous déménagerons. Sr Jeanne-Adeline explore la possibilité d’utiliser des vélos tout terrain. Quand il pleut beaucoup par contre, le terrain devient boueux.
Cinq hélicoptères sont venus cette semaine pour LNG (Gaz naturel liquéfié) et pour la tour Digicel (téléphone mobile). Veronica a fait un petit abri pour notre « café internet » les fins de semaine. Elle fut assistée par un instituteur et le voisin. Avec une table et une chaise, ce sera très utile et pratique.
Ouverture officielle de la communauté
Le point fort depuis notre arrivée fut l’ouverture officielle de notre communauté avec la messe et le repas. Le père Gabriel accepte de venir tous les mercredis célébrer la messe dans notre maison. Habituellement, pour aller à la messe les dimanches, nous quittons la maison à 8.30 et revenons au milieu du jour. C’est une marche plaisante et aisée quand il fait beau, mais dans les fortes pluies, la piste est très glissante. Nous avons découvert un autre coin féérique au confluent de trois rivières. Un coin idéal pour une journée de retraite.J’apprécie vraiment de pouvoir laisser notre porte ouverte de 6h 30 à 18h 30 et même plus tard. Les gens passent et arrêtent pour laisser de la nourriture ou simplement pour causer et demander de nos nouvelles. Leur bonté est impressionnante. Nous avons vu très peu de maringouins ou de cafards et les mouches ne nous gênent guère.
Les sœurs auront à affronter encore de nombreux défis à mesure qu’elles intègrent ce peuple qui les appuie cependant dans leur effort d’atteindre une vie meilleure. C’est ainsi qu’elles vivront leur mission de Filles de la Sagesse au milieu du peuple de Nomad.
Vidéo-Clip : Golden Jubilee
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