Section: Actualités Pays-Bas

La Sagesse en Hollande

L’auteure de cet article, Claire Dumont fdls, a eu le privilège de retourner vers une des sources de son inspiration dans l’écriture de son livre : «Comme un feu dévorant. La Sagesse». Cette source est la Terre où ont habité et habitent encore un petit groupe de Filles de la Sagesse qui luttent vaillamment .pour vieillir en beauté dans la Sagesse. .Malgré l’ancienneté de leur fondation, ces femmes sont restées «minoritaires» dans notre Congrégation, à cause de la langue notamment. Minoritaires ne veut cependant pas dire inactives, loin de là ! Elles ont exercé une influence remarquable dans leur société et dans la Congrégation des Filles de la Sagesse. Si leur langue les a, en un sens, relativement  isolées, leur voix s’est cependant fait entendre. Cette voix, comme ces femmes du pays de la Hollande, a été patiente, convaincue et percutante ! C’est ce que l’auteure veut souligner et  rappeler à notre mémoire.

La Hollande est devenue chère à nos cœurs de Filles de la Sagesse car de ce coin du monde est venu le renouveau vif et brûlant de la spiritualité Sagesse. C’était en 1992.

Qu’il nous soit permis d’entrer, à notre manière, dans l’histoire des Filles de la Sagesse de ce beau et paisible pays. Peut-être serions-nous davantage en mesure de comprendre pourquoi nous devons aux Filles de la Sagesse de Hollande l’entrée dans un Processus de transformation décrit par Louis-Marie Grignon de Montfort dans son œuvre : «L’Amour de la Sagesse Éternelle».

HIER

D’après les livres d’histoire, nous connaissons le peuple hollandais pour sa fougue, sa vigueur, son dynamisme, son amour de la recherche, son besoin de découvrir le monde et l’ardeur de sa foi. Ce petit peuple plein d’histoire n’hésite pas à prendre sa place au cœur du continent européen et du monde. C’est dans la nature des Hollandais de lutter, de prospérer, de construire. Sans doute à cause de leur long et incessant combat contre la mer qui a tendance à envahir les terres. Nous sommes au royaume des Pays-Bas.

En 1881, un petit arbre prend racine à Schimmert, au sud de la Hollande par la venue des Pères Montfortains. De là,  la congrégation des Filles de la Sagesse prend son envol.  Des femmes de ce pays se laissent toucher par la Sagesse et s’engagent à la suite de Marie-Louise de Jésus et de Louis-Marie de Montfort à servir les pauvres, à instruire les enfants, à aimer là où elles sont, etc.

Petit arbre devient grand. Imprégnées de la culture, de la ténacité, du courage, de la force du peuple, des femmes consacrées à la Sagesse, donneront leur vie en terre hollandaise et dans le monde : Danemark, Allemagne, Congo, Malawi, etc. Au sommet de sa croissance en Hollande, la congrégation comptait deux cent quarante-huit (248) membres. C’était avant le déclin.

La Sagesse qui prévient toute chose a donné aux Filles de la Sagesse de Hollande, une femme visionnaire en la personne de Sœur Ancilla-Maria Fijen. Longtemps, elle a rempli la fonction de provinciale. Dès 1982, elle voyait venir le moment où les Filles de la Sagesse seraient moins nombreuses. Vieillissantes, elles devraient donner un sens à leur vie. Pour elle, il était aussi très important pour la Congrégation, de garder son unité autour de la Spiritualité léguée par le Fondateur. Mais connaît-on bien cette spiritualité? Pour s’en assurer, Ancilla entre en contact avec les Grands Carmes de Nimègue et se rend à l’Institut Titus Brandsma.

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Il faut dire que l’Institut Titus Brandsma fait partie de la Faculté de Théologie de l’Université Catholique de Nimègue comme Faculté d’Étude de Spiritualité. Les Carmes ont donné à l’Institut le nom de Titus Brandsma en mémoire de ce moine qui a commencé cette recherche fondamentale sur la Spiritualité et qui, à cause de ses prises de position en 1938-39, a été déporté à Auschwitz où il est mort.

Un désir naît. Faire faire l’étude des oeuvres de St Louis-Marie Grignion de Montfort. Ce qu’elle propose au Chapitre Général des Filles de la Sagesse. Une réflexion s’amorce.
En 1987, le Chapitre adopte cette idée de faire faire l’étude de L’Amour de la Sagesse Éternelle. Sœur Ancilla et Sœur Paula-Maria Hermans, devenue supérieure provinciale, ont suivi cette étude avec intérêt et constance en lien avec la Commission Charisme et Spiritualité.

Et un travail de moine est entrepris par des experts en spiritualité !

En 1992, l’Étude était présentée à la Famille Montfortaine du monde entier par le Père Hein Blommestijn et Pierre Humblet. À la suite de cette présentation, les membres de la congrégation reçoivent : « Le processus de transformation dans
 - L’Amour de la Sagesse éternelle - de Grignion de Montfort : Une lettre d’une amante à son amant » par Pierre Humblet.

À St-Laurent en 1996, une autre session préparée par les Carmes et Sœur Ancilla est offerte à la Congrégation. L’objectif était celui-ci : inviter à entrer dans une intégration progressive du processus de transformation par des expériences susceptibles de faire passer la connaissance au niveau du cœur. D’où le manuscrit : « Un pèlerinage de la tête au cœur ».

AUJOURD’HUI

Les Filles de la Sagesse de Hollande sont conscientes de l’héritage spirituel laissé par Sœur Ancilla. La vie et la mort de cette femme sont un don pour elles et pour la Congrégation toute entière. De même que l’on ne vit pas pour soi, de même on ne meurt pas pour soi. La vie de Sœur Ancilla est «une lettre d’une amante à son amant.»

En ce temps de notre histoire, les Filles de la Sagesse sont toujours en terre hollandaise. De fortes et énergiques, elles sont devenues pauvres, fragiles, vulnérables. Mystérieusement, elles sont passées du faire à l’être. Dans ce passage obligé, elles essaient de vivre en amoureuse de la Sagesse et des autres. Elles soutiennent financièrement des projets qui leur tiennent à cœur. Elles sont soucieuses de la préservation de la beauté de notre terre et de l’environnement.

Sœur Paula-Maria Hermans, responsable régionale, en lien avec Sœur Maria-Pacelli Senden et Sœur Maria Ottink veille sur les sœurs de la Hollande. Elles sont quarante à vivre à Wijchen, banlieue de Nimègue, dans une résidence appelée  Rivo Torto ou à la résidence La Verna (pour les personnes non autonomes). Au sud, à Valkenburg, à la résidence Vroenhof vivent maintenant dix Filles de la Sagesse.

DEMAIN

La vie au quotidien en Hollande n’est pas plus facile qu’ailleurs. Vieillir, que ce soit en Hollande ou en Amérique du Nord, demeure éprouvant. Cependant la foi nous dit que la vie ne meurt pas. Nous sommes donc invitées à saisir le mouvement de l’Amour qui nous propulse en avant.

Les résidences pour les Pères et les Sœurs de Hollande sont pleines de vie. On peut y observer un désir de vivre EN la Sagesse. Le don de la vie de chaque jour, le lâcher prise toujours à refaire, l’abandon, le désir sincère d’aimer sont une source de joie, de confiance, de réconfort et de soutien. Seul l’amour ne passe pas.

La peur a perdu de sa puissance. L’insécurité a moins d’emprise. Dieu Seul est le chemin et le terme du chemin. Il faut beaucoup d’espérance et de foi pour accueillir la fin de nos prouesses apostoliques. Seule la Sagesse peut transformer cette fin en faim insatiable d’amour pour la Congrégation, pour le monde et pour l’Église. 

Nos belles « vieilles » provinces d’Europe et d’Amérique du Nord ont quelque chose à nous dire. À nous d’ouvrir bien large notre cœur et oser regarder la vie qui, comme une semence, est mise en terre pour les lendemains imprévisibles du Dieu de notre histoire.  Quand la Sagesse établit sa tente en un lieu, c’est pour y demeurer. Qui sommes-nous pour en douter?


Claire Dumont,  Fille de la Sagesse

Texte révisé et approuvé par Paula Maria Hermans, Fille de la Sagesse

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