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14/09/2020

« Ma grâce te suffit »

Ma vocation - témoignage

Sr Jain Benitta Fille de la Sagesse – Inde

Je suis née dans une famille pieuse et craignant Dieu.  L’influence du climat spirituel familial sur mon esprit m’a doucement inculqué le sens du sacré qui a suscité une foule de questionnements, dont l’un: « qu’arriverait-il si je devenais religieuse?  » C’était l’origine de ma vocation. Cette semence a été plantée dans le sol spirituel fertile de ma famille et a été nourrie et protégée par l’affection de mes parents et de mes frères et sœurs. Même à l’école les professeurs ont contribué à la réalisation de ma vocation.  Grâce à mes parents, pendant mes années de croissance, le désir de devenir religieuse s’est ancré davantage pour devenir une plante vigoureuse et en santé.

Ce désir de la vie religieuse n’est pas apparu par enchantement. L’une de mes tantes est religieuse. Quand elle visitait lors de ses congés, tout chez elle me fascinait : l’habit, l’affection qu’elle démontrait, sa tenue et son comportement à caractère religieux. Non pas que ma mère était moins sainte. En fait, c’est ma mère qui m’a inculqué la dévotion à l’Eucharistie en me motivant à me rendre aux célébrations eucharistiques à l’église. Très souvent ma mère ouvrait son coffre à trésors d’histoires saintes de la vie d’hommes et de femmes, tels, Mère Theresa et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, St François d’Assise, en nous racontant à sa façon particulière, leur héroïsme.  Durant mes premières années de formation ces récits de la vie des saints et leurs pratiques religieuses, m’ont fait connaître un Dieu d’amour. J’ai grandi avec ce désir ardent de faire de Dieu mon meilleur ami et le centre de ma vie.  J’anticipais le jour où j’allais lui offrir toute ma personne et en faire le Roi de ma vie.

Adolescente durant mes années d’études secondaires, j’ai vraiment apprécié l’amitié de mes pairs. Mais je me sentais différente des autres au niveau du rêve qui m’habitait. Comme mon désir de devenir religieuse me brûlait le cœur, les temps de retraite et de session vocationnelle ont continué à alimenter ce feu divin. Rendu au niveau X, j’étais convaincue que Dieu m’appelait à une vie toute spéciale et très enrichissante.  Une petite voix quelque part au fond de mon petit cœur murmurait :  » La vie religieuse est la meilleure pour toi. «  Malgré que d’autres désirs et rêves d’adolescence occupaient mon attention, il n’a pas été difficile pour moi de prendre une décision finale. J’étais convaincue que Dieu me convoquait à la vie religieuse.  Mon bonheur et le sens profond de ma vie reposait  dans cette invitation particulière de la part de Dieu.

Quand je suis entrée au couvent, je ne me suis pas sentie comme un poisson hors de l’eau. Au contraire, j’étais certaine que je devais y être et que cela était devenu mon chez-moi. Je savais que ma décision était la bonne. Ce n’était pas comme nager à contre-courant. Facilement je me suis conformée à la routine et les rigueurs des exigences de la vie religieuse, comme un canard qui se glisse dans l’eau.  En étudiant la vie de nos Fondateurs, j’étais surprise de constater que certains événements de ma propre vie rejoignaient les leurs. Je suis née le 14 septembre, le jour même de la bénédiction du Calvaire de Pontchâteau. En 1979 mon année de naissance fut l’année de l’arrivée des Sœurs en Inde. La canonisation de Montfort a eu lieu le 5 juin, également, jour mémorable pour moi.

Même si la vie religieuse n’a pas été un lit de roses, loin de là, je peux dire que j’ai eu un cheminement assez doux. Tout au long, ma Congrégation a manifesté un réel souci de ma croissance en me confiant diverses responsabilités. Je constate aujourd’hui, qu’en tant que religieuse, j’ai vraiment choisi la « meilleure part » assise aux pieds du Seigneur, à L’écouter et à Le servir.

Enseignante de profession je trouve mon plein épanouissement dans ce domaine. J’ai eu l’occasion d’enseigner à tous les niveaux de la 1ere année à la 10eme. J’ai également bien assumé mon rôle en administration. J’ai tissé des relations cordiales avec mes consœurs ainsi que le personnel.  J’ai beaucoup d’affection pour ma Congrégation et mes sœurs, et cette gratitude je l’exprime au Seigneur pour son appel à travailler dans sa vigne en tant que Fille de la Sagesse.

Congrégation des Filles de la Sagesse

Il n’a pas toujours été facile de poursuivre dans ma décision première. J’ai eu mon lot de doutes, d’épreuves et de deuils. Avec les années, j’ai réalisé que la vie religieuse c’est un peu comme un voyage en haute mer. Quand la mer est calme, le voyage est doux, par contre quand elle est agitée il faut vraiment naviguer dans les eaux tumultueuses. La violence de la tempête peut si facilement faire chavirer la barque. Quand les choses deviennent difficiles la main de notre Père céleste continue de nous guider à bon port. Il arrive même que notre Frère le Christ semble dormir; mais pourtant il continue d’être en plein contrôle de la barque.  Quand il dit : « N’ayez pas peur, je suis avec vous…  » la traversée devient possible et agréable. Il est toujours là présent à l’intérieur des murs de mon couvent comme aux endroits où je travaille et donne ma vie par amour pour Lui.

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